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05MÉTHODOLOGIE

Option comptabilité privée, douanes : 6 exercices résolus

Six exercices résolus de l'option comptabilité privée du concours de contrôleur des douanes : écritures, amortissement, bilan fonctionnel et coûts.

ÉQUIPE TEST-CONCOURS-DOUANES.FRLECTURE 13 MIN

Ce que l'arrêté appelle « comptabilité privée »

L'option de comptabilité n'est pas une épreuve à part : c'est l'une des faces possibles de la deuxième épreuve écrite d'admissibilité du concours externe de contrôleur des douanes. L'arrêté du 8 juin 2009 modifié la décrit comme une « épreuve au choix du candidat, ce choix étant précisé lors du dépôt de la demande d'admission à concourir », et l'option de comptabilité y porte un intitulé sans ambiguïté sur ce qu'on attend de vous : « résolution d'un ou plusieurs exercices de comptabilité privée ».

Retenez le mot résolution. Vous ne composez pas, vous ne dissertez pas : vous passez trois heures à résoudre. C'est ce qui distingue cette option des quatre autres, qui demandent presque toutes une composition ou une étude documentaire.

L'épreuve pèse coefficient 4, exactement comme le résumé de texte qui la précède : ce sont les deux épreuves écrites obligatoires, et les mieux pondérées des écrits. Des écrits seulement, et la nuance vaut d'être posée tout de suite : à l'admission, le même arrêté donne à l'épreuve d'entretien avec le jury (25 minutes) un coefficient 8 à elle seule, soit le double. Une comptabilité solide ouvre la porte ; c'est l'oral qui classe.

Les deux écrits ne font pas non plus l'admissibilité à eux seuls. L'arrêté du 8 juin 2009 modifié précise, pour le QCM de pré-admissibilité (1 h 30, coefficient 2), que « les points obtenus à cette épreuve seront pris en compte pour l'admissibilité et l'admission » : votre note de novembre vous suit jusqu'au bout, elle ne disparaît pas une fois le filtre franchi. S'y ajoute, pour qui la présente, l'épreuve facultative de langue (1 h 30, coefficient 1), dont l'article 7 dispose que « seuls sont pris en compte les points obtenus au-dessus de 10 sur 20 » : elle ne peut que rapporter.

3 h

Durée de l'épreuve

deuxième écrit d'admissibilité

coef. 4

Poids

autant que le résumé de texte

5/20

Note éliminatoire

avant application des coefficients

Arrêté du 8 juin 2009 modifié, concours externe de contrôleur des douanes.

Les cinq options, et la sixième réservée à la surveillance

Avant de choisir la comptabilité, sachez contre quoi vous l'arbitrez. L'arrêté liste les options de cette deuxième épreuve, et la liste n'est pas tout à fait la même selon la branche.

Un point mérite d'être souligné, parce qu'il est la source d'un regret fréquent : le choix se fait au moment de l'inscription, pas le jour de l'épreuve. On ne découvre pas le sujet des cinq options pour prendre le plus facile. La DGDDI confirme sur sa fiche métier que cette deuxième épreuve se présente en « 5 options au choix », la navigation maritime s'ajoutant pour les candidats de la branche surveillance.

OptionNatureBranches concernées
MathématiquesRésolution d'un ou plusieurs problèmesLes deux
Comptabilité privéeRésolution d'un ou plusieurs exercicesLes deux
ÉconomieComposition et/ou cas pratiquesLes deux
DroitComposition et/ou cas pratiquesLes deux
Géographie économiqueComposition et/ou étude d'un ensemble documentaireLes deux
Navigation maritimeComposition sur des connaissances techniquesSurveillance seulement
Arrêté du 8 juin 2009 modifié, épreuve n° 2 d'admissibilité, concours externe.

Le programme officiel, rubrique par rubrique

L'annexe de l'arrêté fixe le programme de l'option en cinq blocs. Le cœur, et de très loin, est le deuxième : les traitements en comptabilité générale. Les trois derniers blocs relèvent de la comptabilité de gestion et de l'analyse, et ils sont plus courts.

Lisez cette liste comme une carte de révision, pas comme un sommaire de manuel : chaque ligne correspond à un type d'exercice que le sujet peut vous demander de résoudre.

Bloc du programmeCe que cela recouvre
I. IntroductionLes besoins en information pour la gestion de l'entreprise ; comptabilité et informatique de gestion
II. Les traitements en comptabilité généraleOpérations commerciales, trésorerie, acquisitions et cessions d'immobilisations, opérations financières, rémunérations du personnel, opérations de fin d'exercice, résultat et imposition des bénéfices, documents de synthèse, opérations postérieures à la clôture
III. Analyse fonctionnelle des documents de synthèseAnalyse du compte de résultat, analyse du bilan, tableau de financement
IV. Le calcul et l'analyse des coûtsLa diversité des coûts, les coûts complets, les coûts partiels et leur utilisation
V. La gestion prévisionnelleLa diversité des budgets, le plan d'investissement et de financement, le budget de trésorerie, le bilan et le compte de résultats prévisionnels
Annexe de l'arrêté du 8 juin 2009 modifié, programme de l'option comptabilité privée.

Avant de commencer : la convention des corrigés

Les six exercices qui suivent sont des données pédagogiques construites pour cette page. Ce ne sont pas des annales : l'arrêté ne publie aucun sujet type, et les sujets réels des cinq dernières années se consultent sur le portail de la douane, dont notre page sur les annales donne le chemin.

Deux conventions valent pour tous les corrigés.

Les intitulés de comptes sont ceux du plan comptable général, dans la rédaction du plan de comptes publié par l'Autorité des normes comptables. Un numéro juste avec un intitulé approximatif coûte moins cher qu'une erreur de calcul, mais il se voit.

Le taux de TVA appliqué est le taux normal, que l'article 278 du code général des impôts fixe ainsi : « Le taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée est fixé à 20 % ». Cet article est abrogé au 1er janvier 2027 par l'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025, qui recodifie la matière : le taux de 20 % est inchangé, seule sa référence bouge. Sauf mention contraire du sujet, c'est celui qu'on applique.

Exercice 1 : une facture de vente avec réductions en cascade

Énoncé. La société Ambre, négociante, adresse à un client une facture de marchandises : montant brut 8 000,00 €, remise de 10 %, puis remise supplémentaire de 5 %, escompte de règlement de 2 % pour paiement comptant, port forfaitaire facturé 120,00 € HT, TVA au taux normal. Présentez le décompte de la facture, puis l'écriture chez le vendeur.

Corrigé, le décompte. L'ordre est imposé et il ne se discute pas : les remises se cascadent d'abord, l'escompte s'applique ensuite sur le net commercial, et le port s'ajoute après, dans la base taxable.

  • Brut : 8 000,00
  • Remise 10 % : −800,00, net commercial 1 = 7 200,00
  • Remise 5 % : −360,00, net commercial 2 = 6 840,00
  • Escompte 2 % : −136,80, net financier = 6 703,20
  • Port HT : +120,00, base TVA = 6 823,20
  • TVA 20 % : 1 364,64
  • Net à payer = 8 187,84

Corrigé, l'écriture. Les remises ne se comptabilisent pas quand elles figurent sur la facture initiale : la vente est enregistrée pour son net commercial. L'escompte, lui, est une charge financière et il s'enregistre.

CompteIntituléDébitCrédit
411Clients8 187,84
665Escomptes accordés136,80
707Ventes de marchandises6 840,00
7085Ports et frais accessoires facturés120,00
44571TVA collectée1 364,64
Intitulés : plan de comptes du PCG, édition 2025.

Exercice 2 : les emballages consignés, puis non rendus

Énoncé. La même société consigne au même client 40 caisses à 15,00 € l'unité. Le mois suivant, le client en restitue 30 et conserve les 10 autres, facturées au prix de consignation, TVA au taux normal. Passez les trois écritures.

Corrigé. La consignation n'est pas une vente : c'est une dette du vendeur envers son client, qui devra rembourser si l'emballage revient. Le compte dédié existe et porte cela dans son intitulé même : 4196, Clients - Dettes sur emballages et matériels consignés.

Consignation, 40 × 15,00 = 600,00

  • 411 Clients, débit 600,00
  • 4196 Clients - Dettes sur emballages et matériels consignés, crédit 600,00

Restitution de 30 caisses, 30 × 15,00 = 450,00

  • 4196, débit 450,00
  • 411 Clients, crédit 450,00

Les 10 caisses conservées, 10 × 15,00 = 150,00, TVA 30,00

Le client ne rend pas : la dette disparaît et l'emballage lui est cédé. Ce n'est pas une vente de marchandises, mais un produit d'activité annexe, et le plan de comptes lui donne son compte propre : 7088, Autres produits d'activités annexes (cessions d'approvisionnements).

Ne confondez pas avec le boni sur reprise d'emballages consignés, compte 7086, que le plan de comptes réserve au cas inverse : l'emballage est rendu, mais repris à un prix inférieur à celui de la consignation, et le vendeur garde la différence. Emballage non rendu et facturé, 7088 ; emballage rendu à prix réduit, 7086. Cette distinction-là est exactement le genre de point que l'épreuve va chercher.

CompteIntituléDébitCrédit
4196Clients - Dettes sur emballages et matériels consignés150,00
411Clients30,00
7088Autres produits d'activités annexes (cessions d'approvisionnements)150,00
44571TVA collectée30,00
Non-restitution : la TVA n'est exigible qu'au moment où la consignation devient un produit.

Exercice 3 : acquisition et amortissement au prorata temporis

Énoncé. Le 1er avril N, l'entreprise acquiert une machine, mise en service le jour même : prix d'achat 24 000,00 € HT, frais d'installation 1 500,00 € HT, TVA au taux normal, règlement à 60 jours. Durée d'utilisation 5 ans, amortissement linéaire. Passez l'écriture d'acquisition, calculez la dotation de l'exercice N et la valeur nette comptable au 31 décembre N.

Corrigé, le coût d'entrée. Les frais directement attribuables à la mise en état d'utilisation entrent dans le coût : 24 000,00 + 1 500,00 = 25 500,00 €. La TVA sur immobilisation est récupérable et n'entre donc pas dans le coût : 25 500,00 × 20 % = 5 100,00 €, soit 30 600,00 € dus au fournisseur.

CompteIntituléDébitCrédit
2154Matériels industriels25 500,00
44562TVA sur immobilisations5 100,00
404Fournisseurs d'immobilisations30 600,00
Acquisition du 1er avril N.

Exercice 4 : deux écritures d'inventaire

Énoncé. Au 31 décembre N, deux régularisations restent à passer.

  1. Une prime d'assurance de 2 400,00 € a été payée le 1er septembre N et couvre douze mois.
  2. Un client doit 4 800,00 € TTC, TVA au taux normal. Sa situation s'est dégradée et l'entreprise retient une perte probable de 40 %.

Corrigé 1, la charge constatée d'avance. Sur les douze mois couverts, huit concernent l'exercice N+1 : 2 400,00 × 8/12 = 1 600,00 € à sortir des charges de N.

  • 486 Charges constatées d'avance, débit 1 600,00
  • 616 Primes d'assurances, crédit 1 600,00

Corrigé 2, la créance douteuse. Deux écritures, et l'ordre compte. On reclasse d'abord la créance, on la déprécie ensuite.

  • 416 Clients douteux ou litigieux, débit 4 800,00 ; 411 Clients, crédit 4 800,00
  • 68174 Créances, débit 1 600,00 ; 491 Dépréciations des comptes de clients, crédit 1 600,00

Le reclassement porte sur le montant TTC, parce que c'est la somme que le client doit. La dépréciation, elle, se calcule sur le montant hors taxes : 4 800,00 / 1,20 = 4 000,00, puis 4 000,00 × 40 % = 1 600,00 €.

Exercice 5 : bilan fonctionnel, fonds de roulement et besoin en fonds de roulement

Énoncé. Le bilan de l'entreprise au 31 décembre N se résume ainsi, en milliers d'euros. Actif : immobilisations brutes 900, stocks 210, créances clients 180, créances diverses hors exploitation 15, disponibilités 12. Passif : capitaux propres 520, amortissements et dépréciations 260, dettes financières 150, dettes fournisseurs 250, dettes fiscales et sociales 70, dettes diverses hors exploitation 25, concours bancaires courants 42. Calculez le fonds de roulement net global, le besoin en fonds de roulement et la trésorerie nette, puis commentez.

Corrigé. Le bilan fonctionnel raisonne en valeurs brutes à l'actif, et loge les amortissements et dépréciations dans les ressources stables. Les concours bancaires courants, eux, sortent des dettes financières pour rejoindre la trésorerie de passif : c'est l'erreur de classement la plus coûteuse de l'exercice.

AgrégatCalculRésultat
Ressources stables520 + 260 + 150930
Emplois stablesImmobilisations brutes900
Fonds de roulement net global930 − 90030
Besoin en fonds de roulement d'exploitation(210 + 180) − (250 + 70)70
Besoin en fonds de roulement hors exploitation15 − 25−10
Besoin en fonds de roulement70 − 1060
Trésorerie nette30 − 60−30
Vérification par la trésorerie12 − 42−30
Montants en milliers d'euros.

Exercice 6 : seuil de rentabilité et point mort

Une précision avant de commencer : l'expression « seuil de rentabilité » ne figure pas dans le programme de l'arrêté. C'est l'outil classique des « coûts partiels et leur utilisation », au bloc IV, et non une rubrique de la gestion prévisionnelle. Nous le traitons ici parce qu'un sujet de résolution le demande couramment sous cette forme.

Énoncé. Pour l'exercice N+1, l'entreprise prévoit un chiffre d'affaires de 480 000 €, des charges variables de 288 000 € et des charges fixes de 156 000 €. Calculez la marge sur coût variable et son taux, le seuil de rentabilité, la date du point mort en supposant une activité régulière, la marge de sécurité et le résultat prévisionnel.

Corrigé.

  • Marge sur coût variable : 480 000 − 288 000 = 192 000 €
  • Taux de marge sur coût variable : 192 000 / 480 000 = 40 %
  • Seuil de rentabilité : 156 000 / 0,40 = 390 000 €
  • Point mort : 390 000 / 480 000 × 12 = 9,75 mois, soit 9 mois et environ 23 jours d'activité
  • Marge de sécurité : 480 000 − 390 000 = 90 000 €, indice de sécurité 18,75 %
  • Résultat prévisionnel : 192 000 − 156 000 = 36 000 €

La vérification qui rapporte un point. Le résultat doit aussi s'obtenir en appliquant le taux de marge à la marge de sécurité : 90 000 × 40 % = 36 000 €. Les deux chemins donnent le même nombre, et l'écrire montre au correcteur que le raisonnement est maîtrisé, pas récité.

Organiser trois heures et douze semaines

Les trois heures. Un sujet de résolution se traite dans l'ordre du rendement, pas dans l'ordre du sujet. Parcourez d'abord l'ensemble, repérez les questions indépendantes, traitez-les en premier, et gardez pour la fin les questions en chaîne où une erreur initiale se propage. Posez systématiquement le calcul avant le résultat : une réponse juste sans calcul apparent se note mal, un calcul juste avec une erreur d'arithmétique se note bien.

Les douze semaines. Pour la session 2027, l'arrêté d'ouverture du 3 août 2026 fixe le QCM de pré-admissibilité au 5 novembre 2026 et les écrits d'admissibilité aux 22 et 23 février 2027 pour la branche des opérations commerciales et de l'administration générale, aux 24 et 25 février 2027 pour la branche surveillance, « dans les zones géographiques n° 1 et n° 2 ainsi qu'en Polynésie française », la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna passant un jour plus tard. Le calendrier prévisionnel de la douane annonce les résultats de pré-admissibilité le 2 décembre 2026 : de ce jour au premier écrit, il reste un peu moins de douze semaines en opérations commerciales (82 jours), douze tout juste en surveillance (84 jours). Comptez sur la plus courte des deux, l'écart n'est pas un répit. Le détail de la session, inscriptions et oraux compris, est dans notre calendrier du concours.

Ce créneau suffit à consolider une comptabilité déjà connue. Il ne suffit pas à l'apprendre. Si vous partez de zéro dans cette matière, le choix se fait à l'inscription, c'est-à-dire bien avant : une autre option vaudra mieux qu'un programme découvert en décembre. La douane précise d'ailleurs que « les informations mentionnées sur les calendriers présentent un caractère prévisionnel et sont données à titre indicatif » : vérifiez les dates sur le portail officiel avant toute démarche.

À retenir

  • La comptabilité privée est l'option b) de la deuxième épreuve écrite d'admissibilité du concours externe de contrôleur des douanes : 3 heures, coefficient 4, autant que le résumé de texte.
  • L'arrêté du 8 juin 2009 modifié en fixe l'intitulé : « résolution d'un ou plusieurs exercices de comptabilité privée ». On résout, on ne compose pas.
  • Le choix de l'option se fait au dépôt de la demande d'admission à concourir, jamais le jour de l'épreuve.
  • Cinq options sont communes aux deux branches ; la navigation maritime n'est ouverte qu'aux candidats de la branche surveillance.
  • Le programme tient en cinq blocs, dont le plus lourd est celui des traitements en comptabilité générale ; l'analyse fonctionnelle, les coûts et la gestion prévisionnelle ferment la marche.
  • Trois pièges rapportent le plus de points quand on les évite : l'escompte dans la base de TVA, la dépréciation calculée hors taxes, et les concours bancaires courants sortis des dettes financières au bilan fonctionnel.
  • Une note inférieure à 5 sur 20 élimine, et le seuil s'apprécie avant application des coefficients.
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